
Risques géopolitiques et incertitudes : Renforcer les tests de dépréciation et les provisions dans un contexte économique complexe
Publié le 20 novembre 2025Dans ses recommandations pour l’arrêté des comptes 2025, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) met en lumière l’importance d’une communication transparente et rigoureuse sur les impacts des risques géopolitiques et des incertitudes économiques. Ces éléments, qui influencent directement la performance financière des entreprises, nécessitent une attention particulière dans la préparation des tests de dépréciation et la constitution de provisions. Voici les principaux points à retenir pour les professionnels comptables et financiers.
Un contexte économique et géopolitique sous tension
Les entreprises évoluent dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques, des fluctuations économiques, et des incertitudes liées à des crises climatiques ou énergétiques. Ces facteurs peuvent affecter les hypothèses sous-jacentes aux états financiers, notamment en matière de valorisation des actifs, de prévisions de flux de trésorerie, et de gestion des risques. L’AMF insiste sur la nécessité d’intégrer ces incertitudes dans les analyses financières et de les communiquer de manière claire aux parties prenantes.
Tests de dépréciation : Une approche renforcée
Les tests de dépréciation des actifs non financiers, tels que les immobilisations corporelles et incorporelles, doivent être réalisés avec une rigueur accrue. L’AMF recommande de porter une attention particulière aux hypothèses clés utilisées dans les calculs de valeur recouvrable, notamment les taux de croissance, les marges opérationnelles, et les taux d’actualisation. Ces hypothèses doivent refléter les impacts des incertitudes géopolitiques et économiques.
En outre, les analyses de sensibilité doivent être renforcées pour évaluer la robustesse des hypothèses retenues. L’AMF préconise de présenter des scénarios alternatifs, en tenant compte des risques identifiés, afin de mieux informer les investisseurs sur les éventuelles variations de la valeur des actifs.
Provisions : Une évaluation prudente des risques
La constitution de provisions est un autre aspect clé dans ce contexte incertain. Les entreprises doivent évaluer avec précision les risques liés aux restructurations, aux litiges, aux contrats onéreux, et aux pertes de crédit attendues. L’AMF souligne l’importance de justifier les montants provisionnés et de fournir des informations détaillées sur les hypothèses retenues.
Les provisions pour restructuration, par exemple, doivent être basées sur des plans détaillés et réalistes, tandis que les provisions pour pertes de crédit doivent intégrer les impacts des tensions économiques sur la solvabilité des contreparties. Les impôts différés actifs, souvent sensibles aux prévisions de résultats futurs, nécessitent également une revue approfondie dans un contexte de volatilité accrue.
Transparence et communication accrue
Dans ses recommandations, l’AMF insiste sur la nécessité de renforcer la transparence dans la communication des jugements clés et des hypothèses retenues. Les entreprises doivent expliquer clairement les impacts des incertitudes sur leurs états financiers, en fournissant des informations détaillées dans les annexes. Cette démarche permet de limiter les risques de mauvaise interprétation et de renforcer la confiance des investisseurs.
Les risques géopolitiques et les incertitudes économiques imposent aux entreprises une vigilance accrue dans la gestion de leurs actifs et passifs. Les tests de dépréciation et la constitution de provisions doivent être réalisés avec rigueur, en intégrant des hypothèses réalistes et en tenant compte des scénarios alternatifs. La transparence dans la communication financière est essentielle pour répondre aux attentes des parties prenantes et garantir la fiabilité des états financiers. Les professionnels comptables et financiers jouent un rôle clé dans cette démarche, en veillant à l’application des recommandations de l’AMF et à l’adaptation des pratiques aux évolutions du contexte économique.
Les auteurs
Aubrun





