Dans une interview croisée publiée par Option Finance, Véronique Genet, associée chez Advolis Orfis, rappelle que la norme IFRS 5 s’applique dès lors qu’un projet de cession devient hautement probable.

Elle met en lumière deux points clés :

  • la présentation des actifs et passifs destinés à la vente au bilan,
  • et le traitement distinct du résultat des activités abandonnées au compte de résultat.

Une lecture essentielle pour anticiper l’impact d’une cession, renforcer la lisibilité des comptes et sécuriser la communication financière en amont de la transaction.

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https://www.optionfinance.fr/entreprise-finance/cessions-dactifs-attention-a-leur-comptabilite-avant-meme-la-vente-concretisee.html

La récente crise géopolitique au Moyen-Orient a des répercussions significatives sur l’économie mondiale et les activités des entreprises. Pour les directions financières, cette situation représente un défi majeur dans la gestion de l’arrêté des comptes 2025. Bien que cet événement soit survenu après la clôture de l’exercice, il soulève des questions cruciales sur la communication financière, la gestion des risques et la continuité d’exploitation.

La crise au Moyen-Orient est comptablement considérée comme un événement postérieur à la clôture de l’exercice 2025. Conformément aux normes comptables françaises et internationales, les directions financières ne doivent pas modifier les comptes 2025 pour intégrer les impacts de cet événement. Cependant, elles doivent fournir des informations pertinentes dans les annexes des états financiers et dans le rapport de gestion, afin de permettre aux parties prenantes de comprendre les conséquences potentielles de cette crise.

Cela implique une analyse approfondie des impacts économiques et opérationnels de la crise. Les entreprises exposées directement ou indirectement à la région du Moyen-Orient doivent évaluer les risques liés à leurs activités, notamment en matière de production, d’approvisionnement, de transport, et de financement. Par exemple, la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, peuvent affecter la rentabilité et la valeur des actifs. Ces éléments doivent être clairement mentionnés dans les annexes des comptes, conformément aux exigences de transparence.

La crise au Moyen-Orient met également en lumière l’importance de la communication financière pour les sociétés, notamment les sociétés cotées. Les directions financières doivent garantir une information précise, sincère et actualisée, conformément aux obligations réglementaires, notamment celles du règlement européen sur les abus de marché et du règlement général de l’Autorité des marchés financiers.

Les sociétés cotées doivent informer le marché de tout impact significatif de la crise sur leur activité, leurs performances ou leurs perspectives. Cela inclut la publication de communiqués de presse, la mise à jour des rapports financiers annuels et semestriels, ainsi que l’intégration des informations pertinentes dans les documents d’enregistrement universels et les prospectus d’émission de titres. Les directions financières jouent un rôle clé dans la coordination de ces communications, en veillant à ce que les informations soient cohérentes et reflètent fidèlement la réalité économique de l’entreprise. Cette transparence est essentielle pour maintenir la confiance des investisseurs et éviter toute volatilité excessive des cours de bourse.

La crise au Moyen-Orient peut également engendrer des incertitudes significatives sur la continuité d’exploitation de certaines entreprises. Les directions financières doivent évaluer si cette situation est susceptible de compromettre la capacité de l’entreprise à poursuivre ses activités dans un avenir prévisible. Cette évaluation est particulièrement importante pour les entreprises ayant des filiales ou des partenaires commerciaux dans les pays directement affectés par les opérations militaires.

Si une incertitude significative sur la continuité d’exploitation est identifiée, elle doit être mentionnée dans les notes annexes des comptes et dans le rapport de gestion. Les directions financières doivent également élaborer des plans d’action pour atténuer ces risques, tels que la diversification des sources d’approvisionnement, la renégociation des contrats avec les partenaires commerciaux, ou la mise en place de mesures de réduction des coûts.

En outre, les risques liés à la cybersécurité, exacerbés par le contexte géopolitique, nécessitent une vigilance accrue de la part des directions financières. L’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information a appelé à une « vigilance renforcée » face à ces menaces. Les entreprises doivent investir dans des solutions de sécurité informatique et mettre en place des protocoles de réponse rapide en cas de cyberattaques. Ces investissements, bien qu’ils puissent représenter un coût immédiat, sont essentiels pour protéger les données sensibles de l’entreprise et garantir la continuité des opérations dans un environnement incertain.

Pour les directions financières, la gestion des risques liés à la continuité d’exploitation et à la cybersécurité ne se limite pas à une analyse interne. Elle implique également une communication proactive avec les parties prenantes, notamment les investisseurs, les banques et les assureurs. Ces derniers doivent être informés des mesures prises par l’entreprise pour faire face à la crise, afin de maintenir leur confiance et leur soutien financier.

Les directions financières doivent également adapter les documents prévisionnels établis en conformité de leurs obligations réglementaires. Ces documents doivent tenir compte des impacts potentiels de la crise au Moyen-Orient. Cela inclut l’intégration des hypothèses liées à la hausse des coûts des matières premières, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, et aux risques géopolitiques. Les directions financières doivent donc collaborer étroitement avec les équipes opérationnelles et les experts externes pour élaborer des prévisions réalistes et robustes. Ces prévisions doivent également être accompagnées de plans d’atténuation des risques, afin de démontrer la résilience de l’entreprise face à la crise.

La crise au Moyen-Orient représente un défi complexe pour les directions financières. Bien que cet événement soit survenu après la clôture de l’exercice 2025, ses impacts économiques, opérationnels et stratégiques nécessitent une attention particulière dans l’arrêté des comptes et la communication financière. Les directions financières doivent jouer un rôle central dans l’évaluation des risques, la transparence des informations, et la mise en place de mesures de résilience.

Dans un contexte marqué par l’incertitude, leur capacité à anticiper les impacts de la crise, à adapter les prévisions financières, et à communiquer efficacement avec les parties prenantes sera déterminante pour préserver la confiance des investisseurs et assurer la pérennité de l’entreprise. Plus que jamais, les directions financières doivent se positionner comme des acteurs stratégiques, capables de naviguer dans un environnement complexe et de transformer les défis en opportunités.

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Les impacts de la crise au Moyen-Orient sur l’arrêté des comptes 2025 : enjeux pour les directions financières | Option finance

Lors de ses vœux, le président de la République a souligné la solidité de certains indicateurs macroéconomiques français. Pourtant, les conditions de marché au 31 décembre 2025, utilisées pour les évaluations comptables, pourraient ne pas durer. A quoi bon les retenir ? Et, partant de là, à quelle date rattacher les évaluations de fin d’année ? Sont-elles, consciemment ou pas, déformées par le poids du passé ou les incertitudes du futur ?

Les valorisations, bien qu’ancrées à une date précise, sont souvent influencées par le passé ou des projections futures incertaines. Les méthodes d’évaluation et les normes comptables, comme IAS 36, jouent un rôle clé dans ces biais.

Lorsque la valeur recouvrable est calculée selon la juste valeur, elle reflète les conditions de marché à la date d’évaluation. Ainsi, la réponse à la question posée est explicite, précise et fermée.

Ce modèle, bien que précis, est critiqué pour sa volatilité et son caractère procyclique. En pratique, lorsque la juste valeur repose sur des données comparables (multiples de transactions ou boursiers), il existe néanmoins une corde de rappel vers le passé parce que les agrégats d’Ebit ou de chiffre d’affaires sont déjà vieux d’un ou plusieurs semestres.

Le modèle dominant pour les tests de dépréciation repose sur la valeur actuelle, calculée à partir de projections futures. Les paramètres financiers des taux d’actualisation, au 31 décembre 2025, restent favorables : taux sans risque compensé par une baisse des primes de marché, inflation maîtrisée sous 2 %, et PIB en croissance (+0,9 %). Ces paramètres soutiennent des valorisations élevées. Faudrait-il retenir des données différentes ? La pratique accepte couramment des moyennes historiques sur un an, mais jamais de correction prospective faute d’opposabilité.

Par ailleurs, la non-réalisation des prévisions passées se traduit souvent en pratique par des primes spécifiques dans le calcul du taux d’actualisation. Autrement dit, tant que les données prévisionnelles sont suspectées de biais optimistes, elles ne sont pas retenues sans un fort effet d’expérience.

Et lorsque le test de dépréciation a été effectué à une date éloignée du 31 décembre, il est nécessaire de s’assurer que les conditions de marché n’ont pas significativement évolué.

Les projections futures sont essentielles, mais elles s’inscrivent dans un climat des affaires, atone, qui raisonne d’inquiétudes et de difficultés variées, en décalage avec les perspectives macroéconomiques. Les prévisions pour 2026 peuvent anticiper par exemple un recul des ventes, des évolutions rapides des usages, des difficultés de recrutement et une baisse des financements publics. La Banque de France souligne que l’instabilité politique et budgétaire pourrait freiner la consommation et l’investissement.

À moyen terme, les entreprises doivent intégrer des jugements sur des enjeux stratégiques : impact de l’IA, restructurations, redéploiements, et urgence climatique.

Les données prévisionnelles pertinentes, sont, d’après la norme IAS 36 :

  • fondées sur des hypothèses raisonnables et documentées ;
  • approuvées par la Direction ;
  • explicites, détaillées et fiables, ce qui n’existe généralement pas au-delà de 5 ans, sauf justifications particulières.

Ces prévisions doivent refléter la meilleure estimation de la Direction, qu’il s’agisse d’un scénario central ou d’une espérance mathématique basée sur plusieurs scénarios pondérés. Cette dernière approche est recommandée en cas d’incertitudes nombreuses. Comme tous les flux de trésorerie potentiels sont pondérés par leur probabilité d’occurrence, le flux de trésorerie attendu qui en résulte n’est, alors, pas tributaire de la survenance d’un événement spécifié.

Cependant, l’ampleur de l’élaboration de multi-scénarios, la définition des variables, et l’estimation des pondérations, conduit souvent à privilégier des visions plus étroites, des scénarios simplifiés et, surtout, plus limitées dans le temps, parce qu’elles sont finalement plus faciles à exposer.

Ainsi, l’horizon de valorisation est souvent beaucoup plus restreint qu’on ne le pense, tout comme la durée de vie des valeurs utilisées dans les tests de dépréciation.

Le 3 décembre 2025, l’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) a publié son avis technique sur les propositions de simplification des normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards). Ces normes, qui constituent le socle du reporting de durabilité en Europe, sont au cœur de la mise en œuvre de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). L’objectif de cette simplification est double : alléger la charge pesant sur les entreprises tout en préservant la pertinence des informations fournies aux utilisateurs. Cet article propose une analyse approfondie des principales évolutions proposées, des implications pour les entreprises et des prochaines étapes attendues.

      L’avis technique de l’EFRAG vise à répondre aux préoccupations exprimées par les entreprises concernant la complexité et la lourdeur des normes ESRS. Les propositions de simplification se traduisent par une réduction significative des exigences en matière de reporting :

      • Une diminution de 61 % des datapoints obligatoires (shall datapoints).
      • La suppression totale des datapoints volontaires (may datapoints).

      Cependant, il est important de noter que cette réduction des datapoints n’entraîne pas nécessairement une diminution équivalente de l’effort requis pour les préparateurs. L’objectif est de maintenir un niveau d’information pertinent pour les utilisateurs tout en permettant aux entreprises de se concentrer sur les aspects les plus significatifs de leur reporting de durabilité.

      L’avis technique introduit plusieurs modifications structurantes pour les ESRS, parmi lesquelles :

        Ce principe, désormais explicitement énoncé dans les normes, impose aux entreprises de garantir que leur reporting de durabilité reflète fidèlement les informations significatives concernant leurs impacts, risques et opportunités (IRO). Cela inclut la publication d’informations spécifiques à l’entreprise (entity-specific) lorsque les normes ESRS ne suffisent pas à fournir une vue complète et pertinente.

        L’EFRAG propose une approche Top down basée sur le business model de l’entreprise, en complément ou en remplacement de l’approche Bottom up. Des précisions sont également apportées sur l’évaluation des impacts actuels et potentiels, notamment en tenant compte des politiques de prévention et d’atténuation déjà mises en œuvre.

        Le filtre de matérialité est désormais applicable à la norme ESRS 2, tout en précisant que les informations contenues dans cette norme sont fondamentales et susceptibles d’être matérielles pour toutes les entreprises.

        L’EFRAG propose des mesures de simplification permanentes, telles que la notion de undue cost or effort, permettant aux entreprises de ne pas fournir certaines informations dans des cas spécifiques (par exemple, en cas de ressources insuffisantes ou de niveau d’incertitude trop élevé). Ces reliefs sont toutefois assortis d’une demande de transparence et d’une amélioration continue.

        Les normes ESRS bénéficient d’un langage simplifié et d’une révision des exigences de divulgation générale (General Disclosure Requirements), avec une suppression des doublons et une harmonisation accrue avec les normes ISSB.

          L’avis technique de l’EFRAG constitue une étape clé dans le processus de révision des normes ESRS. Plusieurs actions sont attendues dans les mois à venir :

          • Poursuite du processus de normalisation :
            • Vote au Conseil de l’Europe le 10 décembre,
            • Vote au niveau de la Commission des Affaires Juridiques du Parlement Européen le 11 décembre,
            • Vote en plénière du Parlement Européen le 16 décembre.
          • En décembre 2025, l’EFRAG soumettra à la Commission européenne les Basis for Conclusions, une note explicative et une analyse coûts-bénéfices des ESRS amendées.
          • La Commission européenne adoptera un acte délégué révisant l’ensemble du set 1 des ESRS, qui pourrait être soumis à consultation publique avant son adoption définitive.

          Selon les prévisions, les normes révisées devraient être applicables pour les états de durabilité FY 27 publiés en 2028, avec une option de mise en œuvre volontaire dès l’exercice 2026.

          Conclusion
          La simplification des normes ESRS proposée par l’EFRAG représente une avancée significative pour le reporting de durabilité en Europe. En réduisant la complexité des exigences tout en préservant la pertinence des informations, ces évolutions répondent aux attentes des entreprises et des utilisateurs. Toutefois, certains observateurs soulignent que les nombreux reliefs introduits, bien qu’utiles, devraient rester exceptionnels et encadrés afin de garantir la qualité et la comparabilité des informations publiées.

          Alors que la Commission européenne s’apprête à adopter un acte délégué basé sur ces propositions, les entreprises doivent se préparer à intégrer ces changements dans leurs processus de reporting. La mise en œuvre des normes révisées, prévue pour les états de durabilité FY 27, offre une opportunité de repenser les pratiques de reporting en matière de durabilité, en les rendant plus efficaces et adaptées aux besoins des parties prenantes.En définitive, ces évolutions témoignent de la volonté de l’Europe de concilier ambition en matière de durabilité et pragmatisme dans l’application des normes. Elles marquent une étape importante vers un reporting de durabilité plus accessible, tout en renforçant la transparence et la responsabilité des entreprises face aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.

          Dans ses recommandations pour l’arrêté des comptes 2025, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) met en lumière l’importance d’une communication transparente et rigoureuse sur les impacts des risques géopolitiques et des incertitudes économiques. Ces éléments, qui influencent directement la performance financière des entreprises, nécessitent une attention particulière dans la préparation des tests de dépréciation et la constitution de provisions. Voici les principaux points à retenir pour les professionnels comptables et financiers.

          Les entreprises évoluent dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques, des fluctuations économiques, et des incertitudes liées à des crises climatiques ou énergétiques. Ces facteurs peuvent affecter les hypothèses sous-jacentes aux états financiers, notamment en matière de valorisation des actifs, de prévisions de flux de trésorerie, et de gestion des risques. L’AMF insiste sur la nécessité d’intégrer ces incertitudes dans les analyses financières et de les communiquer de manière claire aux parties prenantes.

          Les tests de dépréciation des actifs non financiers, tels que les immobilisations corporelles et incorporelles, doivent être réalisés avec une rigueur accrue. L’AMF recommande de porter une attention particulière aux hypothèses clés utilisées dans les calculs de valeur recouvrable, notamment les taux de croissance, les marges opérationnelles, et les taux d’actualisation. Ces hypothèses doivent refléter les impacts des incertitudes géopolitiques et économiques.

          En outre, les analyses de sensibilité doivent être renforcées pour évaluer la robustesse des hypothèses retenues. L’AMF préconise de présenter des scénarios alternatifs, en tenant compte des risques identifiés, afin de mieux informer les investisseurs sur les éventuelles variations de la valeur des actifs.

          La constitution de provisions est un autre aspect clé dans ce contexte incertain. Les entreprises doivent évaluer avec précision les risques liés aux restructurations, aux litiges, aux contrats onéreux, et aux pertes de crédit attendues. L’AMF souligne l’importance de justifier les montants provisionnés et de fournir des informations détaillées sur les hypothèses retenues.

          Les provisions pour restructuration, par exemple, doivent être basées sur des plans détaillés et réalistes, tandis que les provisions pour pertes de crédit doivent intégrer les impacts des tensions économiques sur la solvabilité des contreparties. Les impôts différés actifs, souvent sensibles aux prévisions de résultats futurs, nécessitent également une revue approfondie dans un contexte de volatilité accrue.

          Dans ses recommandations, l’AMF insiste sur la nécessité de renforcer la transparence dans la communication des jugements clés et des hypothèses retenues. Les entreprises doivent expliquer clairement les impacts des incertitudes sur leurs états financiers, en fournissant des informations détaillées dans les annexes. Cette démarche permet de limiter les risques de mauvaise interprétation et de renforcer la confiance des investisseurs.

          Les risques géopolitiques et les incertitudes économiques imposent aux entreprises une vigilance accrue dans la gestion de leurs actifs et passifs. Les tests de dépréciation et la constitution de provisions doivent être réalisés avec rigueur, en intégrant des hypothèses réalistes et en tenant compte des scénarios alternatifs. La transparence dans la communication financière est essentielle pour répondre aux attentes des parties prenantes et garantir la fiabilité des états financiers. Les professionnels comptables et financiers jouent un rôle clé dans cette démarche, en veillant à l’application des recommandations de l’AMF et à l’adaptation des pratiques aux évolutions du contexte économique.

          L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a publié ses recommandations pour l’arrêté des comptes 2025 en tenant compte des priorités européennes définies par l’ESMA (European Securities and Markets Authority). Ces recommandations couvrent plusieurs thématiques essentielles. Voici quelques points clefs.

          L’AMF met en avant l’entrée en vigueur de la norme IFRS 18 au 1er janvier 2027 qui vise à améliorer la transparence et la comparabilité des états financiers. Les principaux changements incluent une refonte du compte de résultat, une nouvelle approche pour les états financiers primaires et une présentation obligatoire de sous-totaux normalisés. Les indicateurs de performance (MPM) devront être justifiés, calculés et réconciliés avec les sous-totaux IFRS dans une note annexe dédiée.

          En parallèle, des amendements aux normes IFRS 9 et IFRS 7 entreront en vigueur au 1er janvier 2026 avec des clarifications sur les passifs financiers réglés par virement électronique et les contrats d’énergie. Ces modifications nécessitent une attention particulière pour garantir une application conforme.

          Dans les deux cas évoqués ci-dessus, des informations sur les impacts attendus pourraient être publiées.

          L’AMF insiste sur la nécessaire cohérence entre les états financiers et les informations extra-financières, notamment pour limiter les risques de greenwashing. Les émetteurs sont encouragés à intégrer les incertitudes climatiques dans leurs jugements clés et hypothèses, en s’inspirant des exemples publiés par l’ANC et l’IASB.

          Dans un contexte économique et géopolitique complexe, l’AMF recommande une communication transparente sur les jugements clés, les hypothèses retenues et les impacts des incertitudes sur la performance financière. Les tests de dépréciation doivent être renforcés avec une attention particulière aux hypothèses clés et aux analyses de sensibilité. Les provisions pour restructuration, les impôts différés actifs et les risques de crédit nécessitent également une revue approfondie.

          L’AMF souligne des lacunes dans l’application des principes d’IFRS 8 Secteurs opérationnels, notamment en matière de désagrégation des informations sectorielles. Les sociétés doivent présenter des données détaillées sur les produits, charges, zones géographiques et clients principaux, tout en justifiant les regroupements sectoriels éventuels. Une granularité accrue est recommandée pour garantir la pertinence et la transparence des informations.

          Le règlement délégué (UE) 2025/19 introduit des modifications au format ESEF incluant une mise à jour de la taxonomie IFRS. Les émetteurs doivent veiller à l’exactitude des balises utilisées, à la cohérence des relations de calcul et à l’ancrage des extensions. L’AMF encourage les sociétés à tester la nouvelle structure de taxonomie avant sa mise en œuvre.

          Les recommandations de l’AMF pour 2025 mettent en lumière des évolutions majeures à venir dans les normes comptables et le reporting financier. Elles appellent les émetteurs à anticiper les impacts organisationnels, renforcer la transparence et garantir la cohérence des informations financières et extra-financières. Ces mesures visent à répondre aux attentes croissantes des parties prenantes en matière de qualité et de fiabilité de l’information financière.

          La norme IFRS 18, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, marque une étape importante dans l’évolution des pratiques comptables internationales. Adoptée pour répondre aux attentes croissantes des investisseurs en matière de transparence, de cohérence et de comparabilité, cette norme introduit des changements significatifs dans la présentation des états financiers.

          L’objectif principal d’IFRS 18 est de fournir aux utilisateurs des états financiers des informations utiles et structurées sur les actifs, passifs, capitaux propres, produits et charges d’une entreprise. Ces informations visent à améliorer la compréhension des perspectives de trésorerie et de la gestion des ressources économiques par la direction. La norme met également l’accent sur la comparabilité des états financiers entre différentes entités et périodes, tout en offrant une présentation claire et synthétique des données financières.

          IFRS 18 introduit des modifications importantes dans la structure des états financiers. Le compte de résultat, par exemple, sera désormais organisé autour de nouvelles catégories, dont une dédiée aux investissements. Deux sous-totaux obligatoires, le résultat d’exploitation et le résultat avant financement et impôt, devront être présentés, tandis que des sous-totaux optionnels pourront être ajoutés sous certaines conditions.

          Le tableau des flux de trésorerie subira également des ajustements. Le résultat d’exploitation deviendra le point de départ de la méthode indirecte, remplaçant le résultat net. Par ailleurs, les flux liés aux intérêts et aux dividendes devront être classés de manière uniforme, selon des règles plus prescriptives.

          Les annexes joueront un rôle clé dans la mise en œuvre d’IFRS 18. Les entreprises devront fournir des informations détaillées sur les charges d’exploitation par nature, notamment lorsqu’elles utilisent une présentation par fonction ou mixte. Les indicateurs de performance définis par le management (MPM) devront être réconciliés avec les sous-totaux IFRS les plus proches, afin de garantir leur transparence et leur pertinence.

          Bien que la norme IFRS 18 soit saluée pour ses avancées en matière de transparence et de comparabilité, elle soulève également des interrogations techniques. L’une des principales questions concerne la définition des indicateurs de performance (MPM). La norme laisse une grande liberté aux entreprises pour définir ces indicateurs, ce qui pourrait entraîner des divergences dans leur interprétation et leur comparabilité entre entités. Comment garantir que ces MPM, souvent utilisés dans la communication financière, ne deviennent pas des outils de manipulation des résultats ?

          Un autre point de débat porte sur la classification des produits et charges inhabituels ou non récurrents. IFRS 18 ne fournit pas de définition claire de ces éléments, ce qui pourrait compliquer leur présentation et leur analyse. Les entreprises devront exercer un jugement significatif pour déterminer si certains éléments doivent être classés dans la catégorie « Exploitation » ou dans une autre catégorie. Cette flexibilité, bien qu’utile, pourrait nuire à la cohérence des états financiers.

          Enfin, la suppression des options de présentation des flux de trésorerie liés aux intérêts et dividendes dans le tableau des flux de trésorerie pourrait poser des défis pratiques. Certaines entreprises, notamment celles ayant des activités principales spécifiques, devront adopter une politique comptable uniforme pour ces flux, ce qui pourrait ne pas refléter pleinement la réalité économique de leurs opérations.

          La mise en œuvre d’IFRS 18 nécessitera une adaptation significative des systèmes d’information, des processus internes et des pratiques de communication financière. Les entreprises devront revoir leur plan de comptes, identifier les données nécessaires et former leurs équipes pour répondre aux nouvelles exigences. Les indicateurs de performance, qui jouent un rôle central dans la communication financière, devront être clairement définis et alignés avec les normes IFRS.

          L’application d’IFRS 18 sera rétrospective, avec retraitement des périodes comparatives. Les entreprises auront la possibilité d’anticiper son adoption, sous réserve de l’approbation par l’Union européenne. Cette transition impliquera une réconciliation des lignes du compte de résultat entre les montants retraités selon IFRS 18 et ceux précédemment présentés selon IAS 1.

          IFRS 18 représente une avancée majeure pour la présentation des états financiers, en renforçant la transparence et la comparabilité des informations financières. Cependant, les questionnements techniques sur la définition des indicateurs de performance, la classification des éléments inhabituels et la suppression de certaines options de présentation soulignent la nécessité d’une mise en œuvre réfléchie et rigoureuse. Les entreprises devront non seulement adapter leurs systèmes et processus, mais aussi exercer un jugement éclairé pour garantir que les informations fournies répondent aux objectifs de la norme tout en restant pertinentes pour les utilisateurs.

          Alors que la date d’entrée en vigueur approche, il est essentiel pour les professionnels de la comptabilité et de la finance de se préparer à cette transition. Une analyse approfondie des impacts, une formation des équipes et une communication transparente avec les parties prenantes seront des éléments clés pour réussir l’adoption d’IFRS 18.Cette norme, bien qu’exigeante, offre une opportunité unique de repenser la manière dont les performances financières sont présentées et interprétées. Elle invite les entreprises à aller au-delà des exigences réglementaires pour offrir une vision claire et cohérente de leur activité, répondant ainsi aux attentes croissantes des investisseurs et autres parties prenantes.

          Les dettes « opérationnelles » sont des engagements, financiers ou non, qui sont liés aux activités courantes de l’entreprise, généralement à court terme. Dans un modèle d’actualisation des flux de trésorerie, une forte variation de BFR lors de la première année du plan d’affaires par rapport à des niveaux futurs estimés normatifs, peut trahir une analyse incomplète des dettes financières opérationnelles. Mais l’analyse de ces dettes peut apporter beaucoup plus à l’évaluateur.

                Les dettes « opérationnelles » financières

                La financiarisation des activités courantes des entreprises n’est pas réservée aux grands groupes : mobilisations de créances, crédits de campagne, optimisation des découverts bancaires, modification des délais de règlement clients, fournisseurs, couvertures de taux, etc.

                Ces opérations ont en commun de modifier les échéances des flux de trésorerie directement liés à l’activité. Et leurs impacts sont généralement chiffrables. Les évaluateurs sont habitués à les identifier et les intégrer dans leurs analyses.

                Les dettes « opérationnelles » non financières

                Cette catégorie regroupe les composantes habituelles du passif circulant, dont la contrepartie est le besoin en fonds de roulement : dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales, etc.

                Mais aussi les éléments liés à des pratiques commerciales (garanties clients), à la gestion des risques (litiges), ou du personnel (litiges avec le personnel, bonus). Dans certains secteurs, il peut aussi exister des engagements réglementaires ou contractuels de maintenance, de révision, de travaux d’entretien.

                Ces engagements vont également refléter des opérations non récurrentes de restructuration, de transition et d’adaptation requises par des objectifs de développement durable ou, à la limite du raisonnement, les indemnités de départ à la retraite. Le point d’attention à garder à l’esprit est que ces éléments peuvent être enregistrés en charges d’exploitation (OPEX) et non en investissements structurels (CAPEX). De même les dettes fiscales peuvent résulter de taux effectifs d’impôts variables dans le temps et du fait des conditions d’exploitation.

                Ces dettes peuvent enfin résulter d’estimations et de classements comptables particuliers, qui ne sont pas nécessairement comparables au sein d’entreprises du même secteur.

                L’analyse fine des dettes opérationnelles non financières n’est pas considérée usuellement comme une étape critique par les évaluateurs pour deux raisons. La première est que leurs impacts, noyés dans les variations de BFR, sont souvent considérés comme relativement limités. La seconde est que les modèles d’évaluation reposent sur des paramètres (des postulats ?) de stabilité des structures d’exploitation : BFR normatif, taux d’EBITDA observés représentatifs d’une valeur pérenne.

                Pourtant l’attention des évaluateurs sur la nature et les évolutions des dettes opérationnelles non financières augmente lorsque les entreprises sont confrontées à des incertitudes récurrentes ou systémiques, ou à des mutations significatives, notamment liées à la durabilité. Pourquoi ?

                Parce que ces analyses répondent à la nécessité de comprendre les modèles économiques des entreprises et leur gestion des risques « en dedans », sans se limiter à plaquer des profils standardisés. Cette compréhension ne peut-elle pas résulter d’échanges avec la Direction ? En partie, car ces analyses renforcent la posture d’esprit critique et fournissent des bases pertinentes de discussion contradictoire.

                A partir de ces analyses, l’évaluateur pourra :

                • Fiabiliser la cohérence des flux d’exploitation, d’investissement et de financement ;
                • Comprendre comment le BFR en général, et les dettes opérationnelles non financières en particulier, évoluent sur l’horizon d’un plan d’affaires ;
                • Jauger les estimations et la politique de gestion des risques. Pour mémoire, un projet de l’IASB de révision des approches d’estimation des passifs contingents (IAS 37) pourrait modifier certaines pratiques d’estimation ;
                • Apprécier les différences de pratique entre des sociétés constitutives d’un échantillon comparable, rendant indispensables par exemple des ajustements d’EBITDA.

                Ainsi, l’attention portée aux dettes opérationnelles non financières est un moyen utilisé par les évaluateurs pour s’approprier en détail les modèles économiques dans les environnements en mutation. La finalité est triple : fiabiliser les modèles d’évaluation, impacter la valeur, et, encore plus important, s’assurer de la cohérence du modèle économique sur la durée du plan d’affaires.

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